“LA BEAUCE, LE GLYPHOSATE ET MOI”

M U S I Q U E    D E S   G R A N D S   E S P A C E S

S Y N O P S I S

Isabelle Vayron ne veut pas de résidus de glyphosate dans l’assiette de ses enfants. Mais cette journaliste vit dans la Beauce, et ses voisins agriculteurs lui disent qu’il leur est impossible de s’en passer. Son documentaire, à voir sur Public Sénat, révèle des solutions pour transformer l’interdiction en opportunité.

Ce n’est pas un documentaire à charge contre les agriculteurs et agricultrices, loin de là. Isabelle Vayron leur donne la parole. La relation de confiance entre elle et eux est visible et précieuse. On comprend à quel point le monde agricole se sent trahi : cette impression que tout le monde aujourd’hui les prend pour des empoisonneurs alors qu’on leur a demandé de nourrir le monde, pendant des années. Arrêter le glyphosate, ce serait voir leurs champs envahis de mauvaises herbes et les rendements s’effondrer. Ce serait le retour du labour (et donc beaucoup plus de gasoil consommé), ou alors l’utilisation d’autres herbicides plus dangereux. Pas franchement des bonnes nouvelles pour la planète.

Les agriculteurs sont interviewés sur leurs exploitations. L’un d’entre eux, un seul, a accepté d’être filmé en train de verser le produit dans son pulvérisateur. Le glyphosate est un liquide transparent. On en parle tant et on ne le voit jamais ! Le grand mérite de ce documentaire, surtout, c’est d’entrer dans le détail, de ne pas gommer la complexité du dossier. Au fil de ses rencontres, la journaliste comprend à quel point l’interdiction du glyphosate est perçue comme une contrainte, jamais comme une opportunité. Et c’est là qu’il y a une marge de manœuvre. Pour que cette interdiction profite aux agriculteurs, il faudrait repenser complètement leur façon de travailler. Opter pour la rotation des cultures. Rallonger les rotations, différencier les cultures pour casser le cycle des mauvaises herbes. Même sans aller jusqu’au bio, même dans le conventionnel, il y a des solutions. 

L’agronomie au secours du monde agricole

Une partie du documentaire est tournée dans un lycée agricole, où l’on enseigne ces solutions agronomiques pour diminuer les intrants chimiques. La plupart des élèves sont fils et filles d’agriculteurs et ils sont formels : leurs parents n’apprenaient pas tout ça. J’ai appris au passage quelque chose qui va sans doute vous plaire : c’est le test de la culotte. Il consiste à enterrer des culottes dans des champs ! Cela semble farfelu, mais la décomposition du coton va permettre d’évaluer l’impact des pesticides et du labour sur les microorganismes du sol. Plus la terre est vivante, plus les culottes seront dévorées. Je vous laisse imaginer l’ambiance moitié hilare moitié gênée quand les ados se retrouvent à enterrer des slips dans des champs autour de leur lycée agricole. La séquence est formidable. Elle donne surtout de l’espoir : les agriculteurs de demain semblent prêts à transformer une contrainte en opportunité.  

Enfin, l’autre bonne raison de voir ce documentaire, ce sont les images tournées au drone, très soignées. C’est beau, la Beauce vue du ciel !

Capture d’écrans / du lundi au vendredi à 6h50 France-inter par Dorothée Barba

► “La Beauce, le glyphosate et moi” : documentaire de 52 minutes, à voir sur le site de Public Sénat. 


T E A S E R

La Beauce, le glyphosate et moi

50 min – France – Public Sénat – janv 2021

Auteur Réalisateur / Isabelle Vayron

Montage / Virginie Vericourt

Musiques originales – Étienne Gauthier

Prod – Caméra ONE

W O R K

Le film d’Isabelle c’est avant tout des témoignages, il est important d’anticiper que les musiques seront rythmées pour relancer les séquences, pour ponctuer les interventions. Avec un fort soutien rythmique, des solos endiablés, des basses bien marquées, des batterie débridées. Un univers que je connais bien pour avoir souvent écouté des artistes comme Webb Wilder, John lee hooker, les doors, led zeppelin, jeff buckley, Ben Harper, et encore tant d’autres.

J’ai composé toutes les parties, joué tout ce que je pouvais
assurer comme interprète, et Alexis DIDIER, est venue me prêter main forte pour peaufiner, transcender mon travail. Il a donc repris les quelques rythmiques hasardeuses, et surtout jouer les solos qui apportent beaucoup de vie, et une âme blues authentique. J’ai fait en sorte de créer des musiques en variants les tempi, les amplitudes, les orchestrations.


E X T R A I T S